Conseils de culture

Voici les substrats et conditions que nous utilisons pour nos plantes, d'après notre expérience. Ce sont des bases : chaque espèce a ses particularités, renseignez-vous sur son milieu naturel pour affiner les conditions de culture.

Begonia expédié racines nues dans son sachet

Une plante telle que vous la recevez.

Vos plantes sont expédiées racines nues, sans pot ni substrat : préparez votre substrat avant la réception. Consultez aussi notre page Réception de commande pour l'acclimatation.

Pour la plupart de ces plantes, une hygrométrie élevée est indispensable : terrarium, cloche ou boîte transparente qui laisse passer la lumière et garde l'air humide. Notre partenaire CevenAquario propose une gamme de petits terrariums et du matériel de culture.

Sommaire

Tableau des recettes conseillées

Begonia de sols minéraux
sections Coelocentrum, Platycentrum
60-70 % akadama gros grain + 30-40 % terreau désinfecté
Substrat qui peut sécher un peu entre deux arrosages, ombre.
Begonia de sous-bois et Emblemantha
notamment section Petermannia
50-60 % sphaigne morte + 30 % terreau désinfecté + 10-20 % kanuma
Substrat humide en permanence, hygrométrie élevée, ombre.
Begonia daunhitam, B. darthvaderianaTourbe blonde et terreau désinfecté + 20 % kanuma
Le mélange qui leur réussit chez nous.
Épiphytes
Platycerium, Lecanopteris, Drynaria, Medinilla
Substrat organique, riche et bien drainant
Humidité assez élevée, lumière importante.
Araucaria et AgathisTerreau + éléments drainants poreux (perlite, akadama, kanuma)
Espèces de sols ultramafiques ou latéritiques : ajouter des éléments riches en fer (seramis, akadama).
WollemiaTerreau et tourbe blonde à parts égales + 20 % de perlite ou kanuma
Plutôt acide et humide, résiste à -10 / -15 °C.
Drosera, Dionaea et SarraceniaTourbe blonde + perlite ou sable, environ 50 / 50 (selon les espèces)
Lumière très forte, sauf les Drosera du groupe prolifera / adelae / schizandra.
Cephalotus90 % perlite + 10 % tourbe blonde, 1 à 2 cm de tourbe blonde en surface
Forte lumière, humide en permanence mais très drainant.
Heliamphora90 % perlite + 10 % tourbe blonde, 1 à 2 cm de tourbe blonde et sphaigne vivante en surface
Lumière maximale, 22-26 °C le jour, 10-15 °C la nuit.
Utricularia épiphytesU. cornigera : tourbe blonde + perlite ou sable
U. nelumbifolia, U. humboldtii : sphaigne + perlite, sphaigne vivante en surface
NepenthesÉpiphytes : 80 % petits chips de coco + 20 % kanuma
Milieux rocheux : 80 % akadama et kanuma + 20 % petits chips de coco
Milieux intermédiaires : environ 50 % organique, 50 % minéral
Hygrométrie élevée, surtout la nuit ; lumière importante.

Le terreau est à désinfecter avant usage (par exemple au bain-marie) pour éviter d'introduire des parasites.

Les éléments de substrat

Akadama gros grain

Akadama gros grain : argile volcanique japonaise en grains, poreuse, drainante et riche en fer.

Akadama grain moyen

Akadama grain moyen : pour les petits pots et les jeunes plantes.

Kanuma

Kanuma : pierre volcanique légère, acide, qui aère le substrat.

Sphaigne morte

Sphaigne morte : garde l'humidité tout en restant aérée.

Terreau

Terreau : la partie riche, à désinfecter avant usage.

Chips et mulch de coco

Chips de coco : base organique durable et aérée (Nepenthes, épiphytes).

Seramis

Seramis : granulés d'argile poreux contenant du fer.

Perlite

Perlite : roche volcanique expansée, très légère, qui allège et draine.

Tourbe blonde

Tourbe blonde : acide et pauvre, la base des mélanges pour carnivores.

Sable siliceux

Sable siliceux : draine ; en surfaçage pour les Drosera.

Begonia

Begonia iridescents cultivés à l'ombre

Des spécialistes de l'ombre.

Mélange minéral pour Begonia

Mélange minéral : akadama et terreau.

Mélange de sous-bois pour Begonia

Mélange de sous-bois : sphaigne, terreau et kanuma.

Nous utilisons essentiellement deux mélanges :

  • Espèces de sols minéraux (sections Coelocentrum, Platycentrum) : une base d'akadama gros grain mélangée à du terreau désinfecté, environ 60-70 % d'akadama et 30-40 % de terreau.
  • Espèces de sous-bois (nombreuses espèces, notamment de la section Petermannia de Bornéo) : un mélange de sphaigne morte, de terreau désinfecté et de kanuma, environ 50-60 % de sphaigne, 30 % de terreau et 10-20 % de kanuma.

Humidité : elle dépend des espèces. Beaucoup poussent dans une hygrométrie élevée avec un substrat humide en permanence, alors que certaines, notamment de la section Coelocentrum, aiment que le substrat sèche un peu et un air un peu plus sec, avec des variations.

Lumière : les Begonia sont des spécialistes de l'ombre. Beaucoup d'espèces aiment une lumière assez faible et indirecte, en général entre 200-400 et 1 500 lux ; certaines en demandent davantage. Ajustez en observant la croissance et la formation des feuilles.

Begonia daunhitam dans son mélange, cultivé en boîte

Begonia daunhitam cultivé en boîte.

Un contre-exemple : Begonia daunhitam pousse bien chez nous dans un mélange de tourbe blonde et de terreau désinfecté, avec 20 % de kanuma ; ce mélange semble aussi bien convenir à Begonia darthvaderiana.

N'hésitez pas à tester d'autres éléments de substrat, en vous inspirant de la nature ou des réussites d'autres cultivateurs. Nos recettes fonctionnent bien chez nous, mais de nombreuses variantes peuvent convenir. La réussite tient à un subtil équilibre entre les différents facteurs (substrat, lumière, arrosage, hygrométrie, températures...) : il reste indispensable d'observer vos plantes et d'adapter votre culture en conséquence.

Emblemantha

Emblemantha urnulata 'Electric Pink'

Une culture proche de celle des Begonia de sous-bois : même mélange à base de sphaigne, terreau et kanuma, à peu près dans les mêmes proportions, de préférence avec une humidité importante et un substrat qui reste humide.

Lumière : ce sont des plantes de sous-bois qui tolèrent une lumière assez faible, mais elles sont tolérantes et peuvent recevoir un peu de soleil direct le matin en restant à l'ombre une grande partie de la journée. Comptez entre 1 500 et 8 000 lux, selon qu'il s'agit de lumière artificielle ou naturelle.

Épiphytes

Platycerium : fougères épiphytes qui aiment les substrats organiques, riches et bien drainants, avec une humidité relativement élevée qui peut varier ; pour certaines espèces, il est bon que le substrat sèche entre deux arrosages. Lumière généralement importante, proche de la lumière du jour ; elles tolèrent de l'ombre, mais cela varie selon les espèces.

Lecanopteris et Drynaria : culture proche de celle des Platycerium, avec un substrat organique, drainant et riche, et une humidité relativement importante. Certaines espèces viennent de zones d'altitude et apprécient une baisse de température la nuit ; là aussi, cela varie selon les espèces : renseignez-vous sur leurs conditions naturelles pour vous en inspirer.

Medinilla loranthoides : une espèce très tolérante de l'île de La Réunion. Épiphyte, elle aime un substrat organique drainant et beaucoup de lumière. Le substrat doit rester humide la plupart du temps, mais elle tolère de sécher un peu. Elle ne supporte pas les températures inférieures à 10-12 °C.

Araucariaceae

Araucaria et Agathis : les éléments de substrat peuvent être assez variés, mais il faut une partie organique riche (terreau) et des éléments drainants poreux comme la perlite, l'akadama ou le kanuma. Pour les espèces de sols ultramafiques ou latéritiques, incluez des éléments qui contiennent du fer (seramis, akadama). La tolérance au froid dépend des espèces : renseignez-vous avant de tenter la culture en extérieur.

Wollemia : un mélange de terreau et de tourbe blonde à parts égales, plus 20 % de perlite ou de kanuma ; un substrat riche, à tendance acide, plutôt humide en permanence, surtout pour les jeunes plantes. Les arbres plus grands tolèrent assez bien des périodes plus sèches. Le Wollemia résiste relativement bien au froid, jusqu'à -10 voire -15 °C, et peut donc se cultiver en extérieur dans beaucoup de régions.

Plantes carnivores

Drosera, Dionaea et Sarracenia : pour beaucoup d'espèces, un substrat classique à base de tourbe blonde et de perlite ou de sable, à environ 50 / 50, convient, mais certaines ont des besoins particuliers : substrats très drainants pour les unes, plus organiques à base de sphaigne pour les autres. Elles ont en général besoin d'une lumière très forte, car elles poussent dans des zones très ouvertes, à l'exception des Drosera du groupe prolifera / adelae / schizandra, qui préfèrent l'ombre. Les températures varient beaucoup selon les espèces : renseignez-vous sur chacune pour lui offrir des conditions adaptées.

Cephalotus : 90 % de perlite et 10 % de tourbe blonde, avec 1 à 2 cm de tourbe blonde en surface. Une forte lumière et une humidité permanente, mais un substrat très drainant pour un bon développement des racines.

Heliamphora ionasi avec un surfaçage de sphaigne vivante

Heliamphora ionasi, sphaigne vivante en surface.

Heliamphora : le même mélange (90 % de perlite, 10 % de tourbe blonde, 1 à 2 cm de tourbe blonde en surface) avec de la sphaigne vivante. On peut aussi ajouter de l'akadama, du kanuma, du sable ou du mulch de coco : l'essentiel est que le substrat reste très drainant. Il leur faut en général un maximum de lumière ; si elle est insuffisante, les caractéristiques des espèces s'estompent. Les pots peuvent tremper dans quelques millimètres d'eau si leurs aérations basses restent ouvertes et jouent leur rôle. Plantes d'altitude, la plupart aiment 22 à 26 °C le jour et 10 à 15 °C la nuit et supportent bien les variations saisonnières. Les températures peuvent sortir de ces plages, mais attention aux fortes chaleurs prolongées, qui perturbent la croissance.

Utricularia épiphytes : U. cornigera dans un mélange de tourbe blonde et de perlite ou de sable ; U. nelumbifolia et U. humboldtii plutôt dans un mélange de sphaigne et de perlite, avec de la sphaigne vivante en surface.

Nepenthes

Nepenthes en culture avec un surfaçage de sphaigne vivante

Nepenthes en culture, sphaigne vivante en surface.

Températures : on divise généralement les Nepenthes selon leur climat : lowland (plaine), intermédiaires et highland (altitude). C'est une division pratique, mais certaines espèces ont des tolérances variables : renseignez-vous sur chaque espèce avant de la cultiver. Certaines ne supportent pas les fortes chaleurs, tandis que des espèces de plaine tolèrent parfois étonnamment bien des températures plus basses que celles habituellement recommandées. Les hybrides sont souvent tolérants.

Lumière : en général importante, avec une partie de la journée en soleil direct, mais cela varie aussi selon les espèces : celles des milieux ouverts ont besoin de plus de lumière que celles des milieux légèrement boisés ou ombragés.

Substrats : nous les divisons en trois catégories.

  • Espèces épiphytes : un substrat essentiellement organique, en général 80 % de petits chips de coco (1 à 2 cm) et 20 % de kanuma.
  • Espèces de zones rocheuses, milieux très minéraux : plutôt 80 % d'akadama et de kanuma et 20 % de petits chips de coco.
  • Espèces de milieux intermédiaires, où parties organique et minérale s'équilibrent : un mélange autour de 50 / 50.
Mélange pour Nepenthes épiphytes

Épiphytes : chips de coco et kanuma.

Mélange intermédiaire pour Nepenthes

Milieux intermédiaires : organique et minéral.

Motte de Nepenthes dans un mélange minéral

Mélange minéral (espèce ultramafique), bien colonisé par les racines.

Les proportions peuvent bien sûr varier ; pour les hybrides, regardez les milieux des parents pour en déduire les proportions.

Humidité : les Nepenthes poussent généralement dans des milieux très humides, mais certaines espèces vivent dans des niches qui s'assèchent par période, notamment les épiphytes et les espèces des collines calcaires. En culture, il est préférable d'avoir une hygrométrie élevée, surtout la nuit, et de garder le substrat relativement humide. On peut utiliser une réserve d'eau en laissant les trous d'aération bas ouverts : l'air doit pouvoir circuler dans le substrat.

Sphaigne et tourbe : souvent recommandées pour les Nepenthes, elles se dégradent relativement vite et peuvent devenir néfastes une fois trop dégradées (le pH et la composition chimique changent, ce qui peut abîmer les racines). Si vous les utilisez, rempotez régulièrement, au moins tous les deux ans.

Sphaigne vivante et surfaçage

Sphaigne vivante verte
Sphaigne vivante rouge avec une Drosera

Beaucoup de plantes carnivores vivent dans des tapis de sphaigne ou à proximité. En culture, la sphaigne vivante est presque un auxiliaire : elle retient l'eau, a des propriétés antibactériennes et antifongiques, et échange avec les plantes. C'est aussi un bon indicateur d'arrosage : elle s'éclaircit quand le substrat manque d'eau. Nous la recommandons en surface, au contact des plantes, pour beaucoup de Nepenthes, d'Heliamphora et certaines Drosera.

Quand le mélange est très drainant et très aéré, un surfaçage de tourbe blonde permet d'y cultiver la sphaigne. Pour les espèces ultramafiques, un surfaçage d'akadama est aussi un bon indicateur d'arrosage : il s'éclaircit quand la surface sèche. Pour les Drosera, un surfaçage de sable pur empêche le développement de mousses indésirables et, s'il est assez épais, parfois aussi d'Utricularia subulata, une espèce assez envahissante en culture.

Nutriments et fertilisation

Les plantes ont besoin de nutriments et d'oligo-éléments. Dans la nature, ils proviennent de la décomposition des végétaux alentour et des apports du vent ; en pot, ils sont vite consommés et rincés par les arrosages. Il est donc important de les apporter, sous forme d'engrais solide ou liquide. Nous utilisons surtout un engrais en granulés à libération lente (Osmocote 15-9-12+2Mg), facile à doser dans le substrat.

  • Begonia : cousins des cucurbitacées (ordre des Cucurbitales), ils sont très gourmands en nutriments. Pour un pot de 6 x 6 cm, comptez 6 à 10 granulés tous les six mois.
  • Fougères épiphytes (Platycerium, Lecanopteris) : dans la nature, elles sont souvent associées à des fourmis et profitent de leurs déchets. En culture, apportez-leur régulièrement des nutriments.
  • Plantes carnivores : elles viennent de milieux très pauvres, c'est vrai, mais il y a toujours des débris végétaux en décomposition et des apports du vent. Un engrais est donc souvent nécessaire pour une croissance correcte, à faible dose. Pour un jeune Nepenthes, nous ajoutons 2 granulés au rempotage, près des racines mais sans contact direct. Quand les urnes sont assez grandes, bien ouvertes et formées, 1 à 2 granulés par urne stimulent la croissance.
  • Heliamphora : pas d'engrais dans les urnes, mais 1 à 4 granulés dans le substrat au rempotage, à environ 2 cm des racines.

Quelle que soit la forme d'engrais, commencez prudemment avec des doses faibles et prenez le temps d'observer l'effet sur la croissance. Si vous testez les limites, faites-le graduellement et avec prudence : un surdosage peut laisser des séquelles, voire tuer la plante.

Emplacement de culture

Intérieur de la maison, terrarium ou tente de culture, serre ou extérieur ? Chaque espèce a besoin d'un emplacement adapté :

  • Extérieur : certaines espèces s'y cultivent toute l'année, selon le climat de votre région.
  • Terrarium ou tente de culture : un milieu contrôlé qui permet d'atteindre l'humidité nécessaire et de maîtriser la température, avec ou sans éclairage artificiel selon les besoins de chaque espèce.
  • Serre : un peu la version de luxe du terrarium, avec la lumière naturelle, mais il faut aussi gérer les variations saisonnières de température et d'humidité, les aérations, etc.

Chaque type de culture a ses contraintes : n'hésitez pas à nous demander conseil en fonction de vos projets et de vos possibilités.

Une question sur une plante ? N'hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin de renseignements sur la culture des espèces ou hybrides que vous pensez commander : nous sommes toujours prêts à vous conseiller d'après notre expérience.